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Si l'assurance vie est le placement préféré des Français, ce n'est pas pour son rendement : c'est pour ce qu'elle permet au moment de la transmission. Grâce à un régime fiscal à part, elle laisse transmettre des sommes importantes en…

7 min de lecture 29 juillet 2026 Analyse d'un CIF réglementé AMF

Si l’assurance vie est le placement préféré des Français, ce n’est pas pour son rendement : c’est pour ce qu’elle permet au moment de la transmission. Grâce à un régime fiscal à part, elle laisse transmettre des sommes importantes en franchise d’impôt — jusqu’à 152 500 € par bénéficiaire. Encore faut-il comprendre les deux régimes qui coexistent, et le rôle décisif de l’âge des versements.

Beaucoup pensent que l’assurance vie « échappe aux droits de succession ». C’est vrai en grande partie, mais pas totalement, et les règles diffèrent radicalement selon que les primes ont été versées avant ou après 70 ans. Ce guide clarifie tout : abattements, taux, cas du conjoint, clause bénéficiaire — et pourquoi le contrat luxembourgeois profite exactement du même avantage.

01 · Le principeL’assurance vie se transmet « hors succession »

Le capital versé au bénéficiaire désigné d’un contrat d’assurance vie ne fait pas partie de la succession du défunt (article L.132-12 du code des assurances). Il n’entre donc pas dans le calcul des droits de succession classiques et échappe, dans une large mesure, aux règles de la réserve héréditaire.

À la place s’applique une fiscalité spécifique, prévue par deux articles du Code général des impôts : l’article 990 I pour les primes versées avant les 70 ans de l’assuré, et l’article 757 B pour celles versées après. La date des versements est donc le paramètre déterminant.

02 · Avant 70 ansL’article 990 I : 152 500 € par bénéficiaire

C’est le régime le plus avantageux — et le plus connu. Pour les primes versées avant les 70 ans de l’assuré, chaque bénéficiaire désigné profite d’un abattement de 152 500 €, tous contrats du même assuré confondus. En dessous de ce seuil : aucune taxe, quel que soit le lien de parenté.

Au-delà de l’abattement, le capital est taxé à un prélèvement forfaitaire :

  • 20 % sur la part taxable jusqu’à 700 000 € (par bénéficiaire) ;
  • 31,25 % au-delà de 700 000 €.

L’atout majeur : l’abattement se multiplie par bénéficiaire. Trois enfants désignés, c’est 3 × 152 500 € = 457 500 € transmis sans le moindre impôt. C’est là que la clause bénéficiaire devient un véritable outil d’optimisation.

152 500 €
Abattement par bénéficiaire (primes avant 70 ans, art. 990 I)
20 %
Taux au-delà de l’abattement, jusqu’à 700 000 € (puis 31,25 %)
30 500 €
Abattement global (primes après 70 ans, art. 757 B)

03 · Après 70 ansL’article 757 B : un régime différent, mais pas pénalisant

Pour les primes versées après 70 ans, la logique change. L’abattement n’est plus individuel mais global : 30 500 €, partagé entre l’ensemble des bénéficiaires. Au-delà, les capitaux sont soumis aux droits de succession classiques, selon le lien de parenté.

Mais il y a une subtilité qui rend ce régime souvent bien moins lourd qu’il n’y paraît : seules les primes versées sont taxées, pas les gains. Tous les intérêts et plus-values produits par le contrat sont totalement exonérés. Sur un contrat détenu longtemps et performant, la part transmise en franchise peut donc être considérable — bien au-delà des 30 500 €.

CritèrePrimes avant 70 ans (990 I)Primes après 70 ans (757 B)
Abattement152 500 € par bénéficiaire30 500 € global (tous bénéficiaires)
Assiette taxéeCapital transmis (primes + gains)Primes uniquement — gains exonérés
Taxation au-delà20 % puis 31,25 %Droits de succession (lien de parenté)
Indépendant du lien de parentéOuiNon

04 · Cas particulierLe conjoint et le partenaire de PACS : exonération totale

Un point essentiel, valable dans tous les cas : le conjoint survivant et le partenaire de PACS sont totalement exonérés (loi TEPA de 2007). Quel que soit le montant transmis, qu’il s’agisse de primes versées avant ou après 70 ans, ils ne paient aucun droit. L’abattement de 152 500 € est donc surtout stratégique pour transmettre à d’autres bénéficiaires : enfants, petits-enfants, tiers.

05 · La pièce maîtresseLa clause bénéficiaire fait toute la différence

Puisque l’abattement de 152 500 € se compte par bénéficiaire, la façon dont vous rédigez votre clause bénéficiaire détermine directement l’économie d’impôt. Multiplier les bénéficiaires, intégrer les petits-enfants, prévoir le démembrement (usufruit au conjoint, nue-propriété aux enfants) : autant de leviers puissants — mais qui exigent une rédaction précise.

Une clause mal rédigée, ou laissée par défaut, peut faire perdre des dizaines de milliers d’euros d’abattement. C’est l’un des points où un accompagnement fait le plus de différence.

06 · Le lien luxembourgeoisLe contrat luxembourgeois profite du même régime

Voici ce que beaucoup ignorent : pour un résident fiscal français, un contrat d’assurance vie luxembourgeois suit exactement la même fiscalité successorale française — articles 990 I et 757 B compris. C’est la conséquence de la neutralité fiscale luxembourgeoise : le contrat s’aligne sur la fiscalité du pays de résidence du souscripteur.

Autrement dit, vous conservez l’intégralité de l’avantage successoral français (les 152 500 € par bénéficiaire), tout en ajoutant ce que le Luxembourg apporte en plus : le triangle de sécurité, l’accès au non coté et au private equity via les fonds dédiés, la protection hors loi Sapin 2 et la portabilité internationale si vous quittez la France un jour. Le meilleur des deux mondes.

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Répartition des bénéficiaires, arbitrage avant/après 70 ans, démembrement, articulation avec un contrat luxembourgeois : chaque détail compte. Bénéficiez d’un premier échange confidentiel, gratuit et sans engagement, avec un conseiller indépendant réglementé.

07 · Notre conclusionUn outil de transmission inégalé — s’il est bien utilisé

L’assurance vie reste, et de loin, le meilleur outil de transmission accessible en France : un capital hors succession, un abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les versements avant 70 ans, et une exonération des gains pour ceux effectués après. Peu de dispositifs offrent autant de souplesse.

Mais tout se joue dans les détails : l’âge des versements, la rédaction de la clause bénéficiaire, le nombre de bénéficiaires, et l’enveloppe choisie. Bien construite — et pourquoi pas logée au Luxembourg pour cumuler les avantages — l’assurance vie transmet mieux que n’importe quel autre placement.

Questions fréquentes

En grande partie, oui : le capital versé au bénéficiaire désigné n’entre pas dans la succession (art. L.132-12 du code des assurances) et relève d’une fiscalité propre (articles 990 I et 757 B du CGI), et non des droits de succession classiques — sauf pour la fraction des primes versées après 70 ans excédant l’abattement.
Pour les primes versées avant 70 ans, chaque bénéficiaire désigné reçoit jusqu’à 152 500 € sans aucune taxe, tous contrats du même assuré confondus. Au-delà, le capital est taxé à 20 % jusqu’à 700 000 € de part taxable, puis 31,25 %. L’abattement se multiplie par bénéficiaire.
Ils relèvent de l’article 757 B : un abattement global de 30 500 € partagé entre les bénéficiaires, puis application des droits de succession selon le lien de parenté. Point clé : seules les primes sont taxées — tous les gains et intérêts du contrat sont exonérés.
Non. Le conjoint survivant et le partenaire de PACS sont totalement exonérés depuis la loi TEPA de 2007, quel que soit le montant et la date des versements.
Non pour un résident fiscal français : par neutralité fiscale, le contrat luxembourgeois applique la même fiscalité successorale française (990 I / 757 B). Vous conservez l’abattement de 152 500 € par bénéficiaire, tout en profitant des avantages propres au Luxembourg (sécurité, univers d’investissement, portabilité).
LAV
Luxembourg Assurance Vie
Conseiller en Investissements Financiers réglementé AMF · Membre de la Compagnie des CGP
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